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Message  Admin le Ven 31 Juil - 19:25

Jean-Jacques Hereng (rip)+, ou quand le Secours populaire redonne espoir ...



L'Avenir de l'Artois - Didier Hochart et Jacques Delelis, du Secours populaire de Vendin-lès-Béthune et d'Oblinghem, ne sont pas près d'oublier leur rencontre avec Jean-Jacques Hereng, sans-abri.
Jean-Jacques Hereng, ou quand le Secours populaire redonne espoir
Après des années de galère dans la rue, Jean-Jacques Hereng a vécu pendant près de deux ans dans l'ancienne maison du garde-barrière à Chocques.
Didier Hochart et Jacques Delelis, du Secours populaire de Vendin-lès-Béthune et d'Oblinghem, ne sont pas près d'oublier leur rencontre avec Jean-Jacques Hereng, sans-abri.
L'histoire est digne d'un conte. Témoignage.
C'était à l'automne 2011. Le squat de Jean-Jacques et de Pierrot, son compagnon d'infortune, a été pillé par une bande de jeunes à Béthune.
Tous leurs papiers d'identité ont été dérobés. L'un et l'autre se sont retrouvés à Vendin, espérant y être tranquilles. Jean-Jacques est venu taper à la porte du Secours populaire. Ni Didier Hochart, ni Jacques Delelis ne s'imaginaient alors que cette rencontre allait bouleverser leur vie. Et pourtant...
Jean-Jacques avait occupé la maison abandonnée du garde-barrière de la SNCF à Chocques. « Pour lui c'était un nouveau départ, explique Didier Hochart.
Nous l'avons aidé à s'installer en lui fournissant un réfrigérateur, des vêtements et tout ce qui pouvait apporter un minimum de confort ». La maison n'avait pas de douche, pas d'eau chaude ni de chauffage, mais Jean-Jacques et son compagnon de route s'en accommodaient. Le premier, ancien électricien et chauffeur-routier, a utilisé ses compétences pour refaire l'électricité de la maison. Pierrot, ex-agriculteur, s'occupait du jardin et de l'élevage de lapins. Ils retrouvaient confiance en eux et remontaient la pente.

Une question de dignité
« Nous ne voulions pas les inciter à squatter sauvagement l'habitation. Nous avons pris contact avec l'administration des chemins de fer pour leur demander de louer la maison à l'euro symbolique. La SNCF était en train de recenser son patrimoine et ne connaissait pas l'existence de la maison », expliquent les responsables du Secours populaire local. Une délégation est venue sur place. Ce n'était pas possible de rester à cause du TGV : « Il passe à proximité et provoque des arcs électriques qui risquent d'atteindre la maison. C'est trop dangereux ». Le bâtiment était voué à la destruction.
Le Secours populaire a entamé des démarches pour trouver une solution de relogement et refaire les papiers de Jean-Jacques. C'était important pour qu'il retrouve ses droits, mais aussi pour une question de dignité.
Parallèlement, Pierrot, protégé par décision de justice, était relogé par le service des tutelles. Jean-Jacques s'est alors retrouvé seul avec son chien Jack. On pouvait voir le sans-abri mendier dans la rue. Il vendait de la ferraille et faisait des petits boulots pour quelques euros et pour pouvoir manger, mais aussi pour payer les soins de vétérinaire. « Jack était tout pour lui ». Malheureusement, la santé de Jean-Jacques s'est dégradée. L'hiver 2011-2012 a été particulièrement froid. Il faisait 7° dans la maison. Didier Hochart et Jacques Delelis se sont inquiétés de ne plus le voir depuis deux mois. Ils ont rendu visite à Jean-Jacques mais ils l'ont trouvé très mal. Il a été transporté en urgence au centre hospitalier de Beuvry, où il a été soigné durant trois mois. Les médecins étaient pessimistes et ne lui donnaient qu'un trimestre à vivre. « Le corps médical a été formidable avec lui.
Jean-Jacques a été très sensible à la gentillesse des infirmières ». Il était inquiet pour son chien, confié à une famille d'accueil.
Jean-Jacques a été hébergé au Phare de Béthune dans la partie médicalisée. Il avait sa chambre individuelle avec tout le confort pour se laver et pour préserver son intimité.
C'est au cours de son hospitalisation que le miracle s'est produit. Sa fille, âgée de 25 ans, habitait rue de Lille à Béthune sans que son père ne le sache.
L'un et l'autre s'étaient perdus de vue. À l'époque où ils ont été séparés, Jean-Jacques touchait le fond. Estimé comme chauffeur-routier et électricien, il a perdu pied au décès de son frère, et a sombré dans l'alcool. Sa fille avait douze ans quand elle lui a demandé de se reprendre, au risque qu'elle ne soit placée dans un foyer. C'est ce qui s'est produit. Jean-Jacques a été expulsé après le décès de sa mère, chez qui il vivait. Les services sociaux ont emmené sa fille. Elle lui en a voulu... Depuis, ils se sont réconciliés et elle venait lui apporter le journal tous les jours. Sa fille a entrepris des démarches afin de déménager dans un logement avec une chambre en plus pour accueillir son père.
Mais Jean-Jacques est décédé le 31 décembre 2012 à l'âge de 48 ans. Lors des funérailles, une dizaine de personnes du Secours populaire entouraient la seule famille qu'il lui restait. Sa fille a tenu à financer l'inhumation. Elle a puisé dans toutes ses économies afin d'offrir un enterrement digne à son père.
Et Jack ? C'est encore sa fille qui s'est occupée de lui trouver une famille d'adoption, grâce à une annonce sur internet. Elle a pu ainsi s'assurer que le dernier compagnon de son père trouve l'affection qu'il mérite.
Pour l'anecdote, la maison du garde-barrière est toujours debout.

C. B.

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